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Des jardins au bout du monde!

19 décembre 2013

Blogue

En date d’aujourd’hui, cela fait presque un an jour pour jour que ma conjointe et moi étions en voyage en Afrique du Sud. Ce périple convoité depuis plusieurs années pouvait, par moments, être confondu avec un pèlerinage. Le choix de cet endroit n’a rien d’anodin, puisque qu’il exprime fortement à lui seul notre goût marqué pour l’exotisme, la découverte et surtout, pour se plonger dans un univers sensoriel unique qu’est le monde des curiosités végétales. Il est la suite logique d’un parcours précédemment amorcé, dans ces mêmes lieux, il y a 14 ans. Un retour aux sources qui tombe à point!

Quelques points importants pour vous mettre en contexte
La région du Cap occupe la partie Sud-ouest du pays, est baignée par un climat de type méditerranéen. À l’opposé de l’hémisphère nord, leurs pluies d’hiver tombent en juillet et notre arrivée en décembre coïncidait à l’apogée estivale. L’épine dorsale de la région est constituée de plus d’une dizaine de chaines de montagnes d’altitude moyenne, parallèles les unes aux autres. Cela donne à la région, à mon avis, une partie de son charme. Cette région est riche d’une architecture et d’influences culturelles teintées qui succèdent à près de 300 ans de colonisation, d’abord par les Hollandais puis par les Britanniques.

Lion Head, Le Cap

Lion Head, Le Cap

Sur le plan végétal, cet endroit représente un vrai paradis pour le mordu de plante que je suis! Le climat doux permet la culture de presque tout. Des hivers frais, mais sans gel fort, permettent de cultiver à la fois des agrumes et des pommes, poires, et surtout la vigne. On retrouve même ces cultures côte à côte à certains endroits.

Au départ, comme dans bien des voyages,  beaucoup de choses étaient au programme et évidemment, il a fallu choisir.

On ne peut penser à l’Afrique du Sud sans penser à ses vignobles qui étaient, pour nous, un incontournable. Nous voulions évidemment voir quelques beaux jardins, et pour le reste, la randonnée allait occuper une bonne partie du temps.

Vignoble Vergelegen

Vignoble Vergelegen

Nous avons commencé notre périple au Cap. À la sortie de l’aéroport, une voiture nous attendait, ce qui signifiait le début de l’aventure, incluant l’adaptation à la conduite à gauche!  Après avoir fait quelques provisions et dans un état d’épuisement, nous partions vers le Nord-Ouest afin d’éviter la circulation de la ville. Sur le bord des autoroutes, les ouvriers en étaient à leur dernière coupe de gazon bruni par un début d’été sec. Quel contraste!  À notre grand bonheur, les haies de lauriers roses Nerium oleander  fleurissaient à profusion. Nos premières fleurs depuis la fin de l’automne.

Nous voilà à Stellenbosch, à moins de 40 minutes du Cap, au pied de superbes montagnes déchiquetées. Stellenbosch est l’une des plus vieilles villes du pays. Universitaire et historique à la fois, ses rues bordées de chênes anglais Quercus robur centenaires surprennent par leur beauté. À certains endroits, on pouvait encore voir les canaux construits pour apporter l’eau des montagnes.

Canaux d'irrigation, Stellenbosch

Canaux d’irrigation, Stellenbosch

Une promenade à pied est le meilleur moyen pour en découvrir ses moindres racoins. Le Jardin botanique de l’Université est un petit bijou au cœur de la ville, que nous avons déniché au passage. Jardin public et gratuit, l’ensemble est caractérisé par ses collections de plantes densément disposées et entretenues avec soin.

Il y a des jardins qui nous marquent particulièrement. Celui de Vergelegen fait partie de ceux-ci
À moins d’une demi-heure de Stellenbosh, niché au fond d’une vallée fertile, se trouve l’un des vignobles les plus réputés du pays dont ses vins s’exportent à prix fort. Des jardins forment le centre de ce grand domaine autosuffisant viticole et fruitier. Moyennant un prix d’entrée dérisoire, nous avions accès à une cuisine distinguée et un personnel courtois nous fait s’y sentir chez nous. Nous avons été rapidement charmés et l’effet fut maintenu tout au long de notre visite.

Le jardin, cintré à l’intérieur de hauts murs de forme octogonale, se laisse découvrir comme un trésor. À l’intérieur de celui-ci, la résidence d’origine, de style hollandais, bâtie par l’un des premiers gouverneurs du Cap, est âgée de plus de 300 ans. Fait étonnant : les camphriers cinnamomum camphora, plantés au tout début, sont toujours bien vivants et sont maintenant reconnus comme étant des monuments historiques. Pas mal pour des arbres!

Camphrier, Vergelegen

Camphrier, Vergelegen

C’est grâce à deux femmes talentueuses que ce jardin est aujourd’hui devenu un petit bijou. D’origine sud-africaine, Lady Phillips qui, au début du siècle, a restauré le site y créa un jardin typiquement anglais comprenant un parterre mixte double de plantes herbacées de plus de 100 mètres de long qui mène à la résidence. En 1941, Charles et Cinthia Barlow rachetèrent le domaine et continuèrent le projet jusqu’en 1987. En marchant sur cette promenade, je dois avouer que je me suis laissé porter, le temps d’un moment, par un état de grâce. Cette béatitude était générée par un savoureux mélange d’agapanthes d’un bleu azur, d’hémérocalles, d’hydrangées et tant d’autres plantes réunies pour un spectacle éphémère.

Un autre beau jardin, situé à Betty’s Bay sur la côte, est celui du Jardin botanique Harold Porter niché entre mer et montagne. Celui-ci offre un inventaire de la flore locale. Il présente avec grande éloquence les végétaux du royaume floral du Cap. Des plantes très particulières et singulières à cette région du monde, ce qui fait de cet écosystème l’un des plus riches de la planète! Je m’étonne toujours quand je pense que le Cap occidental contient près de 25 000 espèces de plantes. C’est plus ce que possède l’Europe entière. La chaine de montagnes qui entoure le jardin contient des plantes endémiques si rares que la région en entier a été désignée réserve mondiale de la biosphère par l’UNESCO. En Afrique du Sud, il n’est pas rare qu’une aussi petite crevasse ou un seul versant puisse héberger des plantes si rares et vulnérables. La grande famille des protéacées en est un bel exemple.

Jardin-botanique-Harold-Porter,-Betty's-Bay_WEB

Jardin botanique Harold Porter, Betty’s Bay

Quelques minutes à peine séparent le jardin d’une des plus grandes colonies de pingouins. Fait étrange : en matinée nous côtoyions ces petites créatures tout à fait charmantes et quelques heures plus tard, alors que nous marchions dans le  jardin, des familles entières de babouins couraient dans une végétation des plus surprenantes! Une journée de dépaysement assuré qui, en y repensant, nous fait sourire!

Babouins

Babouins

En écrivant ces lignes, je ne vous cacherai pas l’intérêt que je porte pour cette partie du monde. Cet endroit est si riche en curiosités végétales pour le globe-trotter qui m’anime que je pourrais en discuter encore longuement. Je lui garde une place de choix dans mon cœur et j’espère que j’ai réussi à vous partager ne serait-ce qu’une parcelle de cette passion, tout au long de l’année, avec ces petites chroniques à saveur horticole. L’Afrique de Mandela est une partie du monde si chère à mes yeux.

Sur ces mots, je vous souhaite de très belles expériences de jardinage, des essais fructueux et surtout, le goût de vous approprier les Jardins de la Maison Antoine-Lacombe!   Au plaisir de vous y rencontrer sur le terrain l’an prochain, ou encore, sur la toile, où d’autres chroniques à saveur horticole seront au rendez-vous!

Colonie de Pinguins

Colonie de Pingouins

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