la maison lacombe

Le Narcisse

Qui dit avril, dit printemps et qui dit printemps dit narcisse. Comme dirait la célèbre chanteuse Renée Claude : « C’est le début d’un temps nouveau ». Le froid cède enfin sa place à la chaleur, la terre perd progressivement son beau manteau blanc et les oiseaux sont de retour, de même que la plupart des passionnés d’horticulture, certains ne sont jamais partis. Habituellement, chaque printemps, on répète sensiblement le même programme : on nettoie les plates-bandes, la pelouse et les aires de circulations, on enlève les protections hivernales et on redresse les plantes. Toutes ces activités, combinées avec le retour de la chaleur du soleil, finissent par chasser les derniers relents de la grisaille d’hiver et la cerise sur le gâteau, on finit par découvrir la pointe d’une tige qui sort enfin du sol, un narcisse!

La plupart des tulipes que nous plantons sont le résultat d’hybridation, demandée par l’industrie, qui ne voulait avoir qu’une seule fleur époustouflante, c’est pourquoi beaucoup de nos tulipes ne sont belles qu’une année. Il existe toutefois des tulipes plus solides comme les tulipes Darwin hybride que l’on peut qualifier de tulipe pérenne.

Le narcisse, aussi appelé à tort jonquille, est un bulbe pérenne qui contrairement à la tulipe moderne, devient plus gros d’années en années et permet d’avoir des fleurs jaunes en abondance. C’est d’abord une touffe de feuilles plates qui sort de terre afin d’emmagasiner suffisamment d’énergie pour pouvoir sortir une ou des fleurs jaunes en forme de trompette. Il existe une multitude de couleurs allant du jaune au blanc en passant par l’orange. La tige de la fleur est, contrairement aux feuilles, ronde et creuse et de forme tubulaire de la base jusqu’à la fleur. Ce qui fait la force du narcisse c’est son nombre. Les fleurs doivent être nombreuses pour produire l’effet escompté, c’est la multitude qui fait son charme.

Plus haut, j’ai mentionné qu’on ne devrait pas l’appeler jonquille car ce n’en est pas une. Il existe, bien sûr, un narcisse que l’on appelle jonquille, le Narcissus jonquila et ses hybrides, quoi qu’il n’est que très rarement cultivé. Je dirais que pour 99% du temps, jonquille n’est pas le bon terme, par contre narcisse l’est. Un adage en horticulture dit qu’une jonquille est un narcisse mais tous les narcisses ne sont pas jonquille.  Le terme narcisse vient du vieux grec «narke» et signifie intoxiqué, endormi ou engourdi. C’est la même racine grecque que narcotique car autrefois, les bulbes de narcisses étaient utilisés comme sédatif. Une autre interprétation de son nom vient de la mythologie grecque, Narcisse, le beau jeune homme qui est mort car il a été attrapé par son reflet au dessus d’une mare d’eau. Ce nom viendrait du fait que la fleur a ce qu’on peut appeler un œil et qu’elle regarde vers le bas comme si elle voyait son reflet.

C’est une plante commune, certes, mais c’est une de mes fleurs à bulbes préférées car elle fut ma première plante, celle par qui le monde de l’horticulture s’est ouvert à moi. J’étais tout jeune, 7 ou 8 ans je crois et je voulais offrir un cadeau à mon professeur. Ma mère eut l’idée de m’amener dehors et de me faire couper ses narcisses. Je lui disais qu’elle n’aurait plus de fleurs mais elle me répondait qu’elles repousseraient. Quelques temps plus tard, d’autres fleurs s’épanouissaient et je m’émerveillais de cette renaissance. Encore aujourd’hui, je suis toujours émerveillé de voir cette mer jaune apparaitre. Bien sûr, il en existe de d’autres couleurs mais je dirais que le jaune reste ma préférée.

Dominic Labelle
Jardinier

« Retour

© 2020, La Maison Antoine-Lacombe. Tous droits réservés. | Plan du site