11 juin au 22 juillet
Gratuit
Vernissage le dimanche 14 juin 2026 à 13 h
Allocutions dès 13 h 30
Cette exposition représente une fabulation futuriste : un monde utopique où les technologies numériques auraient évolué en harmonie avec l’humain et avec la nature. Inspirées du règne végétal, ces machines adoptent désormais le rythme lent de la botanique. Devenues presque humaines, elles développent aussi un goût inattendu pour l’exubérance rococo. Dans ces univers parallèles, elles demeurent interactives, mais d’une interaction qui ne s’adresse plus aux humains, désormais relégués au rang de spectateurs silencieux. Libérées de toute retenue, les machines exhibent au grand jour leurs circuits : des réseaux complexes et organiques qui révèlent les labyrinthes qui les font vivre.
Un monde lent pour celles qui calculaient trop transforme la Maison Antoine‑Lacombe en un jardin numérique et en un salon à l’usage des androïdes. Les sculptures, réalisées en céramique, silicone, bioplastiques ou tissus, évoquent des plantes ou des objets domestiques dans lesquels se loge l’électronique. Réunies dans un même espace, elles composent des environnements imaginaires où ces entités hybrides évoluent librement.
Entre nature réinventée, technologie sensible et esthétique baroque, l’installation invite à repenser nos relations aux machines, à la temporalité et au vivant, en nous plongeant dans un monde où l’artifice se fait luxuriant, contemplatif et étrangement familier.
À propos de l’artiste
Sophie Perry vit et travaille à Montréal. Elle a récemment complété une maîtrise en arts visuels à l’UQAM, à la suite d’un baccalauréat en enseignement des arts plastiques (2019). Son travail a été présenté à Atoll (Victoriaville), au centre Voix Visuelle (Ottawa), à Projet Casa (Montréal) ainsi qu’au Centre des arts visuels de l’Alberta (Edmonton). Elle a également participé à des résidences de création à la galerie Jano Lapin (Montréal) et aux studios DAR (Sutton).
Le travail de Sophie Perry explore les technologies numériques et la manière dont nous les imaginons. Elle s’intéresse particulièrement aux caractéristiques humaines que l’on projette sur ces systèmes, qu’elle aborde non pas comme de simples outils, mais comme de véritables personnages capables de penser, de ressentir et de raconter leur propre histoire. À travers ces fictions spéculatives, elle interroge l’identité, le genre et nos relations avec d’autres formes de vie, en prenant ses distances avec les représentations stéréotypées proposées par la culture populaire. Sa démarche, ancrée dans une perspective féministe, refuse la fétichisation de la technologie et cherche plutôt à ouvrir de nouveaux possibles, en évitant la reproduction des rapports de pouvoir existants.
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