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De l’objet à l’idée : évolution d’une pratique céramique contemporaine

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Blogue culturel

18 novembre 2025

Longtemps tenue à l’écart du canon artistique, la céramique a progressivement gagné en reconnaissance, portée par les transformations esthétiques qui ont marqué la modernité. Ce changement témoigne d’une revalorisation du geste, du savoir-faire et du travail de la matière, longtemps considérés comme secondaires par rapport à l’expression intellectuelle attribuée à l’artiste. En réaffirmant la place de la main, du processus et de la matérialité, les pratiques céramiques, autrefois qualifiées de « mineures », s’imposent aujourd’hui comme de véritables espaces d’exploration plastique et conceptuelle. L’objet façonné dépasse ainsi sa fonction première : il devient vecteur de sens, capable de formuler un discours et d’assumer un rôle critique.

Au Canada, l’apparition de pièces céramiques dans des expositions dès 1902 témoigne déjà de la diversité des techniques introduites par les nouveaux arrivants. Cette présence s’est consolidée à partir de 1939, alors que la Seconde Guerre mondiale a limité l’importation d’argile et encouragé un développement de pratiques ancrées dans les ressources locales. Ce contexte a contribué à l’essor d’approches créatives renouvelées, aujourd’hui reconnues comme des composantes à part entière du paysage artistique.

La reconnaissance de l’objet céramique comme moyen d’expression et de prise de position critique constitue désormais un repère important dans l’évolution du médium. La céramique n’est plus envisagée seulement pour son utilité, mais comme un langage artistique capable de témoigner d’une vision, de porter un récit ou d’aborder des enjeux contemporains. Par la matière, la forme et le geste, elle révèle des perspectives sensibles, sociales ou politiques, et s’inscrit dans un dialogue élargi avec la société.

Mémoire d’une saison

Les œuvres en céramique d’Annie Durette s’inscrivent pleinement dans cette dynamique. Chaque pièce engage un dialogue attentif avec la matière et révèle une mémoire liée à la fragilité des écosystèmes. Les œuvres empreintes de plantes indigènes, de fleurs ou de cultivars ponctuent ses créations, traduisant des préoccupations environnementales au cœur de sa pratique. Par ce travail, la céramique dépasse le simple esthétisme pour mettre en lumière la vulnérabilité du vivant, questionner notre lien au territoire et rappeler l’importance de préserver nos paysages, saison après saison.

L’exposition Mémoire d’une saison est présentée du 1er décembre au 28 février dans les Jardins de la Maison Antoine-Lacombe, offrant un parcours poétique installé à l’extérieur.